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PROLOGUE


Le banc dur et froid contraste avec les gouttes de sueur qui coulent sur le dos de l’accusé. Il ne fait pourtant pas chaud dans la grande salle d’audience du palais de justice. Mais la sensation d’injustice et la colère trahissent ses émotions. Les mains fermement attachées derrière le dos, le regard fixé sur les yeux du juge principal, l’accusé est déchaîné et réplique violemment.

- Votre système judiciaire rétrograde ne comprend rien au monde actuel !
- Il n’y a aucune bonne raison pour justifier ce que vous avez fait !
- Le monde est fou ! Vous vivez tous une illusion collective. Vous ne savez pas qui sont vos vrais dirigeants. Vous n’êtes qu’un pantin au service d’une société corrompue depuis des siècles, comme tous les autres ici… – La voix est rapide et agressive, chargée de mépris.

Le juge ne se laisse pas démonter. Il en a vu d’autres au cours sa carrière. Même les pires coupables, pris la main dans le sac, affirment fermement qu’ils sont innocents, qu’ils « n’ont rien à voir avec tout cela ».

- Vous avez abattu froidement des gens respectables. Vous avez avoué ces crimes ! Comment pouvez-vous encore nier que ce n’est pas votre faute ?
- Vous croyez tout savoir, vous croyez détenir la vérité, mais toutes vos croyances sont fausses, bande d’abrutis !
- Ça suffit ! Vous avez causé assez de tort à la société. Le tribunal vous condamne à la prison à vie. Vous recevrez un traitement adapté, et ce jusqu’à ce que votre état mental justifie sa levée. La cour a rendu son jugement !

Le coup de marteau résonne jusqu’au fond de la salle. La sentence ainsi prononcée scelle le sort de l’accusé. Il reste un moment muet, le regard vide, perdu dans ses pensées. Un agent s’approche pour l’emmener hors du tribunal.

- Bande d’imbéciles ! Vous n’avez rien compris. Pas étonnant que l’autre ait réussi son coup. Vous n’avez même pas conscience de ce que vous faites ! C’est vous les fous !

L’accusé quitte le tribunal, emmené de force par deux agents, et rejoint quatre heures plus tard ce qui allait devenir sa nouvelle résidence. Quelques mètres de béton, quatre murs blancs, une seule couchette avec l’oreiller intégré et une petite table vissée au sol, placée contre le mur en face de la porte. Un gobelet en plastique mou trône seul sur la table. Il n’y a rien d’autre.

Un bref coup d’oeil suffit pour s’apercevoir qu’il n’y a aucune possibilité de s’échapper.
- Pfff ! Reste plus qu’à attendre que quelqu’un vienne me libérer...